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***J'ai commencé par simplement sortir. Jeune... presque encore enfant. Assez courageux pour désobéir. Déjà assez adolescent pour y trouver du plaisir. Là, je ne me retournai que pour refermer la porte, le coeur battant contre ma poitrine. Lui aussi, veut partir
***Peu de temps, dehors. La chouette donnait la réplique aux arbres dansants au gré du vent. Et l'enfant ouvrait son âme, à la vue du ballet des épis de blés, malmenés par le si fort vent.
***Un fredonnement, le concert enrichi, d'un harmonica, ou bien peut-être simplement d'un esprit libre.
***Quelques murmures discrets, portés par l'air, ce grand chef d'orchestre. Le musicien avec ses sons s'envole sans même se sentir partir vers les cieux. Les yeux fermés, le coeur tourné vers l'univers, seul et pourtant se sentant plus entouré qu'à l'habitude.
***Le vent se fait rafales, bourrasques. Et le doux fredonnement ne s'entend plus. Tout s'intensifie alors, l'instrument prend de la confiance, de l'ampleur. Crescendo magique, où la nature se mêle à l'homme. Le souffle du bonheur tantôt inspiré, tantôt expiré, prend d'autant plus d'ampleur qu'il transite par la musique.
***La chouette s'en est allée. Mes yeux ne le remarquèrent pas. Ils étaient, depuis quelques instants déjà, voilés, laissant divaguer tous les autres sens. Mais sans sa plus belle danseuse, Éole, à qui rien n'échappe, disparaît bientôt, lui aussi. Les arbres, qui avant se balançait au rythme du concert, sont redevenus immobiles. Silence... Non. Car l'harmonica ne s'arrête pas. Solitaire, et même le blé ne danse plus.
***Mon morceau terminé, et mon âme ainsi revigorée, je laissais la nuit reprendre ses droits, installer son silence, et je repassais la porte qui sépare les mondes. Porte qui sépare le monde imaginatif du monde cartésien. La porte séparant le sensible du marbre, le libre de l'encadrement. La porte séparant mon monde du votre. La porte d'entrée de la maison.
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Auteur, Titre.*
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Posté le dimanche 21 septembre 2008 14:46
Modifié le samedi 04 octobre 2008 09:44
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***Un seul mot à l'esprit, étrange... Le monde est fou, flou. Des gens qui circulent aux alentours, s'interpellent, se disent certainement bonjour, dans une langue incompréhensible. Ils ont l'air de s'amuser.
***Les couleurs, vives, changent. Les contrastes sont marqués, les gens sont tous différents, mais ils rient à l'unisson. De la musique, une danse. Encore des rires, des enfants, un doudou qui tombe au sol. Un inconnu qui le rend à l'enfant, illuminant son visage de milles étoiles. Une autre chanson, personne n'est assis, tout le monde danse.
***Une femme monte sur une table et chante. Un cercle de spectateurs se forme autour d'elle. Puis bientôt elle finit sa prestation, effluves d'applaudissements. Euphorie, comme si le monde se résumait à être heureux, à vivre tous ensemble. Quand l'enfant partage ses jouets à l'autre qu'il n'a jamais vu, dont il ne connaît pas le nom. Quand deux inconnus s'accordent une danse, puis se séparent sans rien savoir de l'autre.
***Bientôt quelqu'un me prend la main.
***Me ? Je suis donc là. Je prends la coupe que cet inconnu me tend ; je remarque son sourire. Enjoué, comme tous les autres.
***Cet inconnu... mon parfait inverse. Physiquement. L'aura qu'il dégage est différent, aussi. On se ressemble... comme une feuille de bananier et un pot à crayon. Je lui rends son sourire et nous voilà déjà un point commun.
***Petit à petit la musique et les gens se dissipent. Il ne reste que la dernière image de la bande dessinée, la dernière photo de l'album, le dernier souvenir d'une personne âgée, les milles couleurs à la fois vives et floues d'un instant de bonheur, et à la fin du film s'affichent les trois lettres à l'écran. Soyez sympas, rembobinez !
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*Faut qu'on s'éclate vraiment,
Et tu sais qu'c'est maint'nant !
Fonky Family (Don Choa), Petit Bordel.*
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Posté le samedi 27 septembre 2008 08:17
Modifié le samedi 04 octobre 2008 09:45
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***Quelques livres, alignés les uns à côtés des autres, seule leur tranche déchiffrable par ceux qui déjà savent lire, prennent la poussière. De toutes les tailles, de toutes les formes, de toutes les couleurs, de police de style chacun différents, mais par leur valeur sentimentale tous semblables, ces vieux témoignages d'une vie entière dédiée, et même sacrifiée aux lettres, rappellent, immobiles, défiant le temps, leur défunt propriétaire.
***Les yeux qui sur ces reliques se posent ne savent pas même encore lire, et pratique l'art de s'exprimer oralement avec aussi peu d'aisance que de finesse, de subtilité, de richesse de vocabulaire. Trop frêles également sont ses bras pour soulever ce si gros volume à la reliure rouge, d'argenté brodé, qui attirait tant l'attention du bambin, et, quoi qu'il en fut, ses jambes étaient trop courtes pour que, même en s'étendant de tout son long, sur la pointe des pieds, même en grimpant sur une chaise, il puisse aspirer à atteindre le dernier étage de la bibliothèque, et ainsi avoir l'objet tant convoité à sa porté.
***Dans ses yeux, pourtant, se perdaient l'immensité de l'univers, éclatant, ingénu, plein de cette innocente curiosité enfantine, qui dansaient et sautaient d'étoiles en étoiles, les faisant scintiller une à une dans ces reflets de l'âme, qui sont aveugles au moins autant qu'ils voient .
"Un jour, je te lirai."
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* Citation
Auteur, Titre.*
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Posté le samedi 04 octobre 2008 09:32
Modifié le lundi 29 décembre 2008 03:33
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***Interrogation écrite.
***La craie blanche sur le tableau le rappellerait aux étourdis qui pourraient l'oublier, si seulement leur regard se posait sur elle. Ce n'est pas le cas du tien.
***Alors que les feuilles de tes camarades s'agitent dans tous les sens et se remplissent de formules et de lois, petit à petit, les tiennes restent immobiles, presque vierges, parce que tes yeux ne parviennent pas à se détacher d'autres feuilles qui s'afollent... celles des arbres au dehors, vibrant au rythme du vent.
***Des devoirs comme celui d'aujourd'hui, tu en as l'habitude. C'est quand chacune des cervelles de tous ces élèves autour de toi sont bourrées de physique et de chimie, tandis que le tien se dévoue à l'Imagination, se faisant l'esclave de sa plume, grattant une vieille feuille de papier froissé avec une étrange frénésie, la saturant rapidement de mots plus ou moins en rapport les uns aux autres, au fil de leur apparition floue dans ton esprit.
***Parfois la toux de quelque étudiant ne s'étant pas assez couvert pour affronter l'automne te sort de ta transe, accordant sans s'en douter un instant de repos à ton poignet, qui, sans que tu ne t'en aperçoives, était devenu douloureux. Ton regard alors se lève et tu réalises qu'incontestablement, comme tu t'en doutais bien, tous les autres élèves travaillent.
***Par hasard, tes yeux vagabonds, à demi voilés, croisent le regard intrigué de ta prof, qui ne saisit bien sûr pas l'intérêt de tous ces hiéroglyphes quasis incompréhensibles sur ton brouillon, et qui s'interroge encore beaucoup plus sur la raison pour laquelle la feuille dédiée à ton devoir est restée presque vierge.
***Elle réfléchi sûrement encore à cette énigme que tu représentes, mais dans ta tête, voilà bien longtemps que la prof n'existe plus : tu l'as déjà oubliée. La conscience ne dure qu'un temps, le répit est toujours de courte durée et très vite ce monde, que tu t'es bâti en réponse au leur, avait repris ses droits sur ton cerveau, qui, comme à chaque fois, s'est assujetti, sans opposer de résistance. Tu te laisses t'enfermer dans cette invisible bulle d'isolement qui te fais te sentir bien plus libre que si tu avais à affronter ta vie. Etre le serviteur de l'Imagination te plaît, tu dirais même que cela t'empli de fierté, et donne un sens à ton existence.
***Croire encore que cet autre monde est vrai.
***Au dehors, les feuilles n'ont pas cesser de s'agiter. De tous les mouvements que ton oeil perçoit aux alentours, le seul qui attire si fortement ton regard, qui le capte et le retient, c'est celui de ces arbres que le vent se plaît à charrier. Tu croirais presque sentir toi aussi son souffle mélodieux contre ta joue, dans tes cheveux. A cet instant, rien d'autre n'est réel pour toi que la plume et l'encre, que le vent et la liberté. Liberté, ce mot te fait vibrer. C'est une richesse extraordinaire dont tu évalues bien l'importance, et, même si tu apprécies souvent te plaindre, tu sais que tu as bien plus de libertés que beaucoup d'autres. La plupart des barrières, tu te les as posées toi-même. Comme par exemple celle de ne pas faire de ce texte une banale révolte d'adolescente qui aime se rebeller contre la société, parce qu'elle l'effraye ou l'ennuie. Même si, au fond, tu sais que toi aussi, tu es un peu cette adolescente.
***Le plus frustrant pour toi reste néanmoins l'idée que, pour te sortir de ce monde, te donner les moyens d'en échapper afin de concrétiser le tien, tu dois jouer le jeu de la vie à fond, avec tout ce que cela implique : le vicieux bien sûr, mais aussi parfois les vertus de la société, si étrange que puisse être la tienne, la "société occidentale", comme les autres aiment l'appeler. Et là se trouve peut-être une échappatoire : le seul moyen d'en sortir serai d'y entrer...
***Mes camarades ne sont plus penchés sur leur table, plus concentrés que jamais, stressant de peur de n'avoir le temps de finir, et derrière cette autre fenêtre les arbres ont disparus. Ma prof ne patrouille plus aux travers de la salle pour empêcher la triche, mais dépose sur les paillasses de TP, devant chaque élève, le fruit de son travail.
***Deux sur vingt.
***Voilà donc ce que valait mon devoir. Mais moi, l'unique chose qui m'importe, c'est que mon texte vaille plus.
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*Dans mon canap' j'rêve un hommage posthume,
Où des stars défileraient pour moi dans un noir costume.
Hocus Pocus, Mr Tout le monde.*
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Posté le vendredi 10 octobre 2008 16:06
Modifié le jeudi 27 novembre 2008 16:32
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************************Et ton visage,
Sur les beautés du paysage.
************************Et ton parfum,
Qui dans ta bulle me retient.
Tu permets mon souffle, tu es mon oxygène,
Et mon âme de tendres sentiments est pleine.
La météo est sereine et le temps bien clair,
Mais mes yeux voilés n'aperçoivent pas la mer,
De mon coeur si meurtri ils sondent les abysses,
Déplorant ces élans d'amour qui le meurtrissent.
************************Un décalage,
Car je reste sur le rivage.
************************Ton ombre au loin,
Et entre nous deux, un ravin.
Tu m'as oubliée, et je reste seule, en peine,
Quand le rideau se baisse, il faut quitter la scène.
Décision prise dans un éclair foudroyant,
Mon Amour se répand et avec lui mon sang,
Qui ensembles rejoignent les flots et s'y mêlent,
Car en me quittant, tu m'as décroché les ailes.
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* Citation
Auteur, Titre.*
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Posté le jeudi 16 octobre 2008 14:23
Modifié le samedi 18 octobre 2008 07:34