#6 Soir de pleine lune.

#6 Soir de pleine lune.
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Dehors ronde est la lune, et noire est la nuit
Pendant quelques instants tu entends mon cri

Assoiffé de sang je viens te chercher
Mais tu n'as jamais eu peur du noir
Dans ta chambre, tu te croyais en sécurité
Erreur, maintenant tu hurles de desespoir

Bientôt tu pleures, en toi règne la peur
Puis tu te tais, tu sais que tu meurs

Tu avais eu bien tord
Ne pas croire en moi
Trop tard pour les remords
Le Loup-Garou est passé par là

Et pendant qu'il rejoint l'Ombre
Toi, tu quittes ce monde.

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Enfant de la Lune,
Orphelin quand le Soleil se lève.
Psy 4 De La Rime, Enfant de la Lune.

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# Posté le mardi 22 janvier 2008 14:01
Modifié le samedi 04 octobre 2008 09:38

#7 La Premiere Fois.

#7 La Premiere Fois.
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C'était la première fois. De fines gouttes de transpiration naissaient à la base de ma nuque et parcouraient mon dos le long de ma colonne vertébrale, humidifiant ma chemise. Mon souffle devenait irrégulier : je faisais mes premiers pas vers une nouvelle vie. Le contact de mes membres nus contre elle me fit frémir, à moins que ce ne fut le vent qui était trop froid, et non la sensation de ce premier contact intime qui me mettait la pression, la peur de ne pas être à la hauteur. Je ne me l'étais en effet pas imaginée si impressionnante, et je me sentais petit et maladroit à côté d'elle. Très vite, je repris courage et sourit en pensant à l'avenir radieux qu'elle m'offrait. Tout comme un menuisier caresse de ses habiles mains son œuvre de bois enfin terminée, fier de son travail, mes doigts caressaient la coque en bois de « la Rebelle », fameux bateau pirate dont je devenais membre d'équipage. J'accordais ma jeunesse, ma vie entière à ce navire, car j'avais la chance d'avoir gagné la confiance du capitaine.
***Tel un oiseau se penche au bord du nid et ose regarder au-delà de cet abri pour la première fois, et qui, poussé dans le vide par sa mère, panique et sent le temps s'accélérer, pour finir par déployer son instinct de survie et ses ailes, pour s'envoler et ressentir au traves de chacune de ses plumes le vent de la liberté, tel je me sentais aujourd'hui, poussé vers la mer parce qu'il était temps pour moi de regarder au-delà du nid, et, poussé par la mort brutale de mes parents, je déploie mes membres et goute au message de liberté que le vent me murmure en agitant mes cheveux.
***Très vite la réalité ressurgit. Être accepté par l'équipage malgré mon jeune âge ne sera pas mince affaire...

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Your faith in me brings me to tears,
Even after all these years.
Nelly Furtado, I'm Like A Bird.

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# Posté le samedi 26 janvier 2008 07:44
Modifié le mardi 21 octobre 2008 16:22

#9 Comme un semblant de sourire.

#9 Comme un semblant de sourire.
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Le seul tic-tac de la montre trouble le silence qui règne, bientôt accompagné par mon stylo grattant une feuille de papier. Le résultat, une fois relu, ne me satisfait pas, et n'aura d'autre avenir que celui de rejoindre mes autres essais infructueux dans la poubelle. J'aurai envie de sortir, de profiter du calme qui règne dans les rues de mon quartier la nuit, si je n'étais pas déjà seule chez moi. Il n'y a effectivement pas d'autre bruit au dehors que celui de la pluie martelant le goudron, les vitres des voitures, les toits des maisons... Aucun mouvement n'est perceptible. Pas un papier, pas même une feuille d'arbre de la forêt pourtant si proche ne court sur la route ou le trottoir, agité par le vent, donnant l'illusion d'une présence vivante aux alentours. Les dix coups de l'horloge. Vingt-deux heures déjà. Tous les jeunes regardent leur télé, jouent à la console, font les devoirs, sont sur le PC ou au téléphone, certains sont peut-être déjà au lit, et moi je suis là, seule, devant ma feuille de papier, à mettre des mots sur le vide que je ressens à l'intérieur, et le manque de chaleur humaine aux alentours.
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Sometimes I even cut myself to see how much it bleeds.
It's like adrenaline, the pain is such a sudden rush for me.
EMINEM, Stan.

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# Posté le jeudi 07 février 2008 13:59
Modifié le samedi 04 octobre 2008 09:39

#10 Mon dernier voyage.

#10 Mon dernier voyage.
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- Sinon tu fais quoi ce week-end ?
***La question est posée de cette voix gentille et pleine d'intérêt, qui a pris l'habitude de parfaitement masquer un total ennui. Je ne me sens pas concernée par ce qui ce passe autour de moi, c'est comme si je survolais la scène, n'étant que simple spectatrice devant une tragique pièce de théâtre.
***Le personnage central joue vraiment bien son rôle. Ce n'est pas comme s'il avait mis un masque souriant par dessus un visage froid, morne, abattu. Non. Il a totalement caché l'obscurité qui règne en lui, la chassant, grâce à cette lumière, qu'il a finit par s'habituer à dégager, automatiquement, pour ne pas inquiéter les autres. Chaque fois, alors qu'il souffre en silence, il fait semblant. Par chance, ses amis continuent à lui transmettre un peu de chaleur, étant peut-être cette mystérieuse source d'envie qui le tient encore en vie, malgré le glacial spectre de la mort, qui, constamment, rôde à ses côtés. On dirait qu'il est le seul à pouvoir voir la faucheuse, qui maintenant ricane autour de ce personnage quasi-mort, la peau livide. Sans se douter de rien, ses amis commencent le récit de leurs projets du week-end.
***- Anaïs ! Tu m'écoutes ?!
***Merde, c'est à moi qu'on parle. Je suis comme retournée dans mon corps après l'avoir quitté, le temps de fuir la réalité, un peu, tout en restant attachée à cette enveloppe corporelle dont j'observais la fragilité, avec distance.
***- Hein ?! Euh... oui, oui. Je t'écoute. Tu me raconteras la suite demain, voilà ton tram.
***Je me demande bien comment je peux encore parler avec cette légèreté typique d'une adolescente sans préoccupation, encore fraiche de l'innocence de l'enfance. Elles montent toutes dans leur tram, en direction de la gare. Moi - est-ce seulement bien moi ? - je prends le tram dans l'autre sens, afin de remonter sur les villes plus au nord. Il tardât à venir. C'est à croire que tout concoure afin de prolonger mon séjour sur Terre. Il finit par arriver, bondé. J'arrive à me faufiler à l'intérieur et m'accroche à l'une de ces horribles barres jaunes, et observe le paysage qui bientôt se met à défiler. Rituels et trajet habituels, quotidiens. Mon dernier voyage va commencer.
***Regrettant que le printemps ne soit déjà présent que sur le calendrier, je me souviens de ses fleurs que je cueillais, quand j'étais petite, pour les offrir à ma maman. Image plus heureuse que le paysage. Elles avaient le parfum de mon enfance. Je tentai de m'en souvenir avec plus de précision, sans pour autant parvenir à faire renaître en moi, par le souvenir, cet état de quiétude qui disparu si vite, lorsque l'adolescence frappa à ma porte.
***Elles étaient jaunes, des boutons d'or. Petites, délicates et fragiles, ce qui les rend si belles, peut-être comme la vie.
Terminus. A la suite du troupeau d'humains sorti du tram, se dirigeant, pour la plupart de ses moutons, devant l'arrêt du bus qui les conduira chez eux, je sors à mon tour, et me dirige, lentement, vers mon arrêt de bus, prenant le soin de ne jamais trop m'approcher de quelqu'un. Je crois que j'ai peur qu'il ne stimule mon esprit, et mon instinct, qui me pousseraient alors à me raccrocher à la vie, comme le mouvement du tram m'avait poussé à m'accrocher à une barre, afin de ne pas tomber...
***Le bus sur le point de partir, je rentre et me place prêt d'une porte, afin de pouvoir sortir aisément, au bout de 4 arrêts seulement.
***L'image des boutons d'or luisants au soleil, et colorant mon jardin d'enfant, a maintenant laissé place au vent que j'aimerai sentir agiter mes cheveux, une dernière fois. Peut-être cela me ferait-il croire en une vie encore présente en moi. Fermant les yeux, j'essayais d'encore rester dans mon monde, quelque temps, avant de devoir retourner dans le votre, pour l'éternité.
***"Fatiguée, celle-la." Voilà ce que les autres ont dû penser.
***Lassée, voilà ce que je suis. J'ouvre les yeux deux ou trois minutes plus tard. J'appuie bientôt sur le bouton. Je descends très prochainement du bus, comme si maintenant la distance me séparant de mes amis était suffisante pour que je cède à la mort, payant ainsi le lourd tribu dont la vie finit toujours par s'acquitter, comme si quelques minutes de vie en plus m'y ferai renoncer, et que l'humanité, ennuyée de moi comme je m'ennuie de la vie, ne veut pas me voir faire de pas en arrière, et rester dans ce monde.
***Machinalement je marche à travers les rues, seulement à moitié consciente qu'un monde m'entoure. Un voisin dit bonjour à un autre passant, dans la rue. Ou peut-être était-ce moi, je ne sais pas très bien. Je n'ai qu'une idée en tête. Je n'entends pas de réponse adressée à la salutation du voisin, peut-être m'était-elle tout de même destinée. Sûrement me croit-il dans cette distance qu'on les autres adolescentes de 16ans, rêveuses à leur amour. Il se trompe à peine. C'est à lui que je pense.
***Mon amour est partit et dans peu de temps, je ferai de même. Il a préféré cette autre fille à moi, je préfère la mort à cette autre vie.
***Avant de rentrer, j'espère une dernière fois trouver un message d'excuse, non, d'amour, comme ceux que je trouvais régulièrement, dans la boîte aux lettres. Le PAM, une facture pour mes parents, quelques pubs.
***En ne m'écrivant rien, il me criait de mourir.
***Mon dernier voyage. Bien plus long que quelques minutes de transport en commun.
***Une lettre, je n'en laisserai pas, je ne m'expliquerai pas, comme il n'a pas expliqué. Ma mère ferait couler dessus des petites gouttes aussi salées que la mer, qui effaceraient l'encre comme l'amour a effacer ma vie, finissant d'enlever toute trace de mon existence en ce monde... Non, je préfère ne pas laisser de traces, et il n'en restera pas, si ce n'est les boîtes de médicaments, vides, laissées sur la table.
*** J'observe quelques minutes d'attente devant la fenêtre, observant le jardin. Dommage qu'il n'y ai pas de bouton d'or.
*** Le bruit du verre explosé couvre celui de mon corps inanimé, qui, sans prévenir, s'effondre. Le verre, que je tenais toujours, complice de ma mort, mais moins coupable que celui pour qui battait mon coeur, reste, brisé sur la carrelage, sacrifié pour mettre fin à mes souffrances. Ainsi aussi, mon coeur s'était brisé lorsqu'il a sacrifié ma vie pour cette autre.

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I love you, I swear, that's true,
I cannot live without you.
James Blunt, Goodbye my lover.

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# Posté le lundi 17 mars 2008 14:02
Modifié le vendredi 13 mars 2009 12:49

Annexe I. Du müsstest jetzt hier sein, doch du bist nicht hier.

Annexe I. Du müsstest jetzt hier sein, doch du bist nicht hier.
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Du warst die einzige, mit wem ich so gern sprechen mochte. Ich konnte dir alles sagen, und obwohl du wahrscheinlich kein Wort verstanden hattest, wusstest du immer, wenn ich traurig war, wenn ich weinen musste, und mein auf deine Seite liegende Kopf, ich weinte.
***Wo du jetzt bist, das kann ich nicht wissen, aber ich weiβ, wo du gar nicht bist, wo du niemals noch ein mal sein wirst : hier, mit mir, zwischen meinen zwei Armen, vor der Küche zum beispiel, wenn ich am Abend nach Hause komme. Und auch niemals wirst du vor meiner Tür sein, am Morgen, wenn ich Ferien habe, so dass ich dich liebkosen kann.
***Also ist es jetzt klar für mich, dass dein Tod hinterlieβ eine groβe Leere in meinem Leben, und auch in meinem kleinen Herz. Ich möchte gern auf dich warten, hier, oder irgendwo, aber ich weiβ doch, dass du niemals zurück kommen wirst.
***Ich habe so Weh, und zwar wollen viele Leuten mir helfen, und vielleicht mich lachen sehen, aber in Wirklichkeit fühle ich mich so einsam, und so Leer.
***Heute verstehe ich, dass ich mich in meiner Hoffnungslosigkeit und meiner einsamkeit einmauern habe, und dass ich keinen Fenster gebaut habe. Zum Glück habe ich auch kein Dach gebaut, so dass ich den Himmel sehen kann. Der ist aber nur Dunkelheit... Jetzt ist für mich der Augenblick gekommen, um das Dämmerlicht zu sehen, so dass die Sonne vermutlich bald auf mich scheinen wird.

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Du müsstest jetzt hier sein, und ich hoffe das vielleicht,
Ganz egal vo du grad bist, dich dieses Lied, irgendwie, erreicht.
Die Prinzen, Du müsstest jetzt hier sein.

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# Posté le dimanche 25 mai 2008 07:33
Modifié le jeudi 25 décembre 2008 13:47