#39 So sorry.

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Puisqu'il le faut, je m'explique.
***Je m'explique à moi même, il faut que je m'entende. Car tu n'entends pas. Et il le faut, que quelqu'un comprenne.

***Et le jour durant j'y pense. Et le soir j'y pense encore.
***Je devrais travailler mais je pense aux raisons qui te rendent sourde. Je ne retiens que ces moments où tu fais un pas en avant. Il n'y a que ces autres où tu fais marche arrière qui m'obsèdent.

***I'm just so sorry !

***Je sombre dans l'excès et je ne sais en sortir. Qui sait respirer dans l'excès ? Les sons s'y trouvent amortis. La pression, elle, augmente. Et mes mouvements sont vains. J'essaye de nager, non, de me débattre, dans ce liquide formé d'incompréhension, de doute et d'attente. Je me questionne et languis de toi. Je jalouse. Mais surtout je manque de ta présence.

***I'm sorry !
***I'm just so sorry... that you can't hear me...

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# Posté le dimanche 04 octobre 2009 10:57

Modifié le jeudi 22 octobre 2009 16:10

#38 Co[e]upable.

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J'aurai aimé le droit d'aimer. Tout simplement. Pouvoir ouvrir mon coeur et le libérer de ce poids qui l'alourdi, qui l'obsède, qui le remue.
***Qu'est-ce qui le rend si différent, ce coeur?
***Qui a donc voulu qu'il désire de travers?

***Les jours passent et se ressemblent.
***Les gens passent et ne se ressemblent pas.
Mais je n'ai pas le droit d'aimer. Quelques notes sur un clavier, et sur un autre quelques mots. Quelques émotions traversent les deux, et se fiche dans ce coeur pernicieux. Le voilà un peu plus lourd, et toujours aussi seul.

***Pourquoi ce coeur s'est-il fait si contraignant ? J'aurai aimé ne pas sentir ces SOS qui résonnent en moi, et surtout ne pas le juger coupable, ce muscle qui jamais ne s'arrête de battre, de se battre. Et à chacun de ses battements l'écho se fait un peu plus fort, et je crains de finir sourde. Ou folle.

***Pourquoi pensent-ils tous que je ne ressens rien ?
J'aurai aimé ne pas être une chose - et pourtant il me semble que j'ai une conscience. Se rendent-ils tous bien compte ? Pourtant jouer signifie pouvoir perdre et j'ai joué.

***L'erreur vient de moi. Jugée et condamnée sans procès ;
***L'erreur vient de ce coeur. Jugé et condamné sans procès : Décès.

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# Posté le samedi 26 septembre 2009 15:04

Modifié le samedi 26 septembre 2009 15:14

#31 Délire nocturne.

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Que fait-on dans ces cas là ? On prend un stylo de couleur, pour que ce qu'on écrit devienne moins tragique.
Je cherche pourtant bien là le pathétique, je ne le cache pas. Les sentiments. L'émotion. C'est intéressant de chercher à l'inclure lorsque j'écris avec tant froideur. J'essaye même de m'imprégner de leurs vies ratées pour sortir quelque chose de mes tripes.

J'aime écrire.

Des bêtises, souvent. Mais j'avoue que le contact de la feuille et du stylo me plaît. Sûrement une raison suffisante à un contenu médiocre. Le plaisir peut-être devance le résultat.

Il est des âmes qui rodent et ne peuvent se coucher.

Je ne sais ce que je cherche à faire passer. Laisser une trace, une tâche d'encre, une marque de pas sur un chemin meuble. J'aurai aimé un peu de qualité. Reste à réussir ce que j'entreprends. C'est peut-être ça, réussir sa vie. Réaliser ses projets et accomplir ce que l'on désire?

Cette question est à poser à des personnes âgées, car un jeune ne sait même pas ce qu'est la vie !

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# Posté le vendredi 28 août 2009 14:45

Modifié le samedi 29 août 2009 06:05

#24 Interrogation écrite.

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Interrogation écrite.
***La craie blanche sur le tableau le rappellerait aux étourdis qui pourraient l'oublier, si seulement leur regard se posait sur elle. Ce n'est pas le cas du tien.
***Alors que les feuilles de tes camarades s'agitent dans tous les sens et se remplissent de formules et de lois, petit à petit, les tiennes restent immobiles, presque vierges, parce que tes yeux ne parviennent pas à se détacher d'autres feuilles qui s'afollent... celles des arbres au dehors, vibrant au rythme du vent.
***Des devoirs comme celui d'aujourd'hui, tu en as l'habitude. C'est quand chacune des cervelles de tous ces élèves autour de toi sont bourrées de physique et de chimie, tandis que le tien se dévoue à l'Imagination, se faisant l'esclave de sa plume, grattant une vieille feuille de papier froissé avec une étrange frénésie, la saturant rapidement de mots plus ou moins en rapport les uns aux autres, au fil de leur apparition floue dans ton esprit.
***Parfois la toux de quelque étudiant ne s'étant pas assez couvert pour affronter l'automne te sort de ta transe, accordant sans s'en douter un instant de repos à ton poignet, qui, sans que tu ne t'en aperçoives, était devenu douloureux. Ton regard alors se lève et tu réalises qu'incontestablement, comme tu t'en doutais bien, tous les autres élèves travaillent.
***Par hasard, tes yeux vagabonds, à demi voilés, croisent le regard intrigué de ta prof, qui ne saisit bien sûr pas l'intérêt de tous ces hiéroglyphes quasis incompréhensibles sur ton brouillon, et qui s'interroge encore beaucoup plus sur la raison pour laquelle la feuille dédiée à ton devoir est restée presque vierge.
***Elle réfléchi sûrement encore à cette énigme que tu représentes, mais dans ta tête, voilà bien longtemps que la prof n'existe plus : tu l'as déjà oubliée. La conscience ne dure qu'un temps, le répit est toujours de courte durée et très vite ce monde, que tu t'es bâti en réponse au leur, avait repris ses droits sur ton cerveau, qui, comme à chaque fois, s'est assujetti, sans opposer de résistance. Tu te laisses t'enfermer dans cette invisible bulle d'isolement qui te fais te sentir bien plus libre que si tu avais à affronter ta vie. Etre le serviteur de l'Imagination te plaît, tu dirais même que cela t'empli de fierté, et donne un sens à ton existence.
***Croire encore que cet autre monde est vrai.
***Au dehors, les feuilles n'ont pas cesser de s'agiter. De tous les mouvements que ton oeil perçoit aux alentours, le seul qui attire si fortement ton regard, qui le capte et le retient, c'est celui de ces arbres que le vent se plaît à charrier. Tu croirais presque sentir toi aussi son souffle mélodieux contre ta joue, dans tes cheveux. A cet instant, rien d'autre n'est réel pour toi que la plume et l'encre, que le vent et la liberté. Liberté, ce mot te fait vibrer. C'est une richesse extraordinaire dont tu évalues bien l'importance, et, même si tu apprécies souvent te plaindre, tu sais que tu as bien plus de libertés que beaucoup d'autres. La plupart des barrières, tu te les as posées toi-même. Comme par exemple celle de ne pas faire de ce texte une banale révolte d'adolescente qui aime se rebeller contre la société, parce qu'elle l'effraye ou l'ennuie. Même si, au fond, tu sais que toi aussi, tu es un peu cette adolescente.
***Le plus frustrant pour toi reste néanmoins l'idée que, pour te sortir de ce monde, te donner les moyens d'en échapper afin de concrétiser le tien, tu dois jouer le jeu de la vie à fond, avec tout ce que cela implique : le vicieux bien sûr, mais aussi parfois les vertus de la société, si étrange que puisse être la tienne, la "société occidentale", comme les autres aiment l'appeler. Et là se trouve peut-être une échappatoire : le seul moyen d'en sortir serai d'y entrer...

***Mes camarades ne sont plus penchés sur leur table, plus concentrés que jamais, stressant de peur de n'avoir le temps de finir, et derrière cette autre fenêtre les arbres ont disparus. Ma prof ne patrouille plus aux travers de la salle pour empêcher la triche, mais dépose sur les paillasses de TP, devant chaque élève, le fruit de son travail.
***Deux sur vingt.
***Voilà donc ce que valait mon devoir. Mais moi, l'unique chose qui m'importe, c'est que mon texte vaille plus.

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Dans mon canap' j'rêve un hommage posthume,
Où des stars défileraient pour moi dans un noir costume.
Hocus Pocus, Mr Tout le monde.

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# Posté le vendredi 10 octobre 2008 16:06

Modifié le jeudi 27 novembre 2008 16:32